Modélisation Vers de Grappe
Le rôle indispensable de la modélisation dans la lutte contre les tordeuses en viticulture, est aujourd'hui, totalement admis. Mais une approche plus fine de ce concept s'avère tout de même nécessaire, pour satisfaire les exigences de tous les acteurs, viticulteurs, officiels, prescripteurs, distributeurs et ce, pour des sujets qui font l'actualité, telle la notion de traçabilité ou de protection raisonnée.
Cela passe par l'optimisation des résultats de la modélisation et, donc, un meilleur raisonnement de la lutte.
La recherche d'une meilleure interprétation technique pour cet outil.
Son implication dans un cadre prenant en compte les aspects humains ou traditionnels, les terroirs, nos activités de prescripteurs.
Ces pages vont vous aider dans cette démarche, par une meilleure compréhension du procédé car notre enjeu de demain est de travailler pour une agriculture durable prenant en compte les critères environnementaux.
Bernard TAIX - MAGNE SA
Comment lutter contre les vers de la grappe ?
| LES 4 STADES DES VERS DE LA GRAPPE (EUDEMIS) |
| Le Papillon | Les ufs | Les Chenilles | La Chrysalide |
| Il ne s'alimente pas sur la vigne et se déplace (grande mobilité des mâles). Le vol sétale sur plus de 30 jours en fonction de la climatologie. | Ils sont sensibles à la sécheresse et aux températures elevées. | C'est à ce stade larvaire que les tordeuses sont néfastes à la vigne. | Elle ne s'alimente pas. Elle se protège l'hiver dans les écorces de la vigne ou dans la terre. Durant les 3 générations dans la saison, elle est protégée par la soie ou par le grain de raisin. |
| LES MÉTHODES DE LUTTE |
| La confusion sexuelle peut être une technique de lutte | Des molécules sont actives : les régulateurs de croissance et les neurotoxiques (pyréthrinoïdes, organo-phosphorés) | L'utilisation de neurotoxiques est préconisée à ce stade | Pas de méthode de lutte |
Comment connaître le moment où l'on peut
atteindre la cible ?
| L'observation | La modélisation | ||
| Sur la 1ère
génération
Le comptage des glomérules sur les grappes déterminera le seuil de traitement. |
Sur la 2ème
et 3ème
génération
a- Le piégeage sexuel Il permet de connaître le début, la fin, la longévité et le pic de chaque vol. On pourra prévoir les futures interventions b- L'observation des ufs De la ponte jusqu'au stade tête noire c- L'observation des chenilles Elle permet de contrôler lefficacité des traitements précédents et dintervenir en complément si nécessaire. |
Elle permet de qualifier (début et fin de chaque stade papillon - oeufs pour chaque génération) en fonction de paramètres bien définis. Elle ne permet, en aucun cas, de quantifier la pression de tordeuses sur une parcelle. Elle permet d'effectuer un traitement très efficace en G1 |
Sortie informatique
L'utilisateur d'un tel modèle souhaite connaître le début de chaque événement : le dépôt des ufs, début de l'éclosion .pour positionner au mieux un insecticide et si le besoin s'en fait sentir, renouveler l'intervention en tenant compte de la rémanence du produit, de la durée de la ponte et des éclosions, des conditions climatiques Or, ce début de l'événement est déterminé à hauteur de 2% de la simulation. Si cela apparaît de façon très nette pour les pontes, ce n'est pas le cas pour les larves, car il y a chevauchement des générations donc un pourcentage de présence supérieur à 2%.Ce constat nous a conduit à distinguer les larves selon deux catégories : les larves jeunes L1+L2 et les larves âgées L3+L4+L5. Ainsi le début des éclosions peut parfaitement être identifié à hauteur de 2% des L1+L2 soit à l'apparition des jeunes larves. Cette opération a également été réalisée au niveau des ufs (O1 = ufs fraîchement pondus, O2-O4 = ufs en voie d'incubation)
La lutte contre les ravageurs de la vigne
Les produits
La tendance pour une lutte insecticide toujours plus raisonnée est à l'utilisation de produits respectueux de l'environnement et de la faune auxiliaire.
Les organophosphorés
Cette famille comporte de très nombreux insecticides dont la particularité est leur mode d'action sur le système nerveux des ravageurs (toxicité due à l'inhibition des cholinéstérases). Certains demeurent à la surface du végétal en film parfois doté d'un pouvoir de pénétration locale plus ou moins accusé (insecticides externes), d'autres pénètrent dans les tissus végétaux et sont transportés par la sève et diffusent ainsi à l'intérieur de la plante (insecticides systémiques).
Les pyréthrinoïdes de synthèse
Les pyréthrinoïdes de synthèse sont apparus en 1976. Cette famille d'insecticides qui "imite" les pyréthrines naturelles est très largement utilisée à ce jour dans la lutte contre les principaux ravageurs de la vigne. Ces molécules s'utilisent à des faibles doses par hectare.
Les RCI ou régulateurs de croissance des insectes
A la différence des insecticides cités ci-dessus qui sont des neurotoxiques, les RCI n'interfèrent pas avec le système nerveux mais perturbent le développement normal de l'insecte entraînant sa disparition. Ainsi certaines substances, comme le fenoxycarbe, perturbent le système hormonal de l'insecte, d'autres, comme le lufenuron, le processus de la mue. Ces spécialités sont en général à positionner avant les pontes dans la lutte contre les vers de la grappe.
Les insecticides biologiques
Les bacillus thuringiensis
Ils ont une action faible en première génération mais par contre ils peuvent être intéressants en deuxième génération sous réserve de les positionner au début des éclosions et de respecter les délais de renouvellement.
Les phéromones
La "confusion sexuelle" se présente comme une alternative à la lutte chimique contre Eudémis et Cochylis. La mise en place de diffuseurs de phéromones dans et autour des parcelles a pour but d'empêcher la rencontre des adultes et l'accouplement. L'efficacité ne peut être obtenue que si la zone mise en confusion est de grande dimension (environ 10 hectares) ou si le vignoble est isolé.
Stratégie de lutte
Une lutte raisonnée
La lutte insecticide est de plus en plus raisonnée. Dans la mesure du possible, les viticulteurs font appel à des produits de plus en plus respectueux de l'homme, de l'environnement, et tout particulièrement de la faune auxiliaire, ce qui permet par ailleurs de limiter le développement des acariens avec le maintien d'une population de typhlodromes suffisante.
Vers de la grappe
En première génération pour les vers de la grappe, les interventions ont pour but de limiter les populations larvaires. Deux types de traitements peuvent être préconisés, un traitement préventif sur les jeunes larves avant la formation des glomérules ou un traitement curatif après dénombrement du nombre de glomérules. Dans ce cas, l'objectif est d'éviter que les dégâts sur les boutons floraux (formation des glomérules) soient plus élevés que la capacité de compensation de la grappe, variable selon les cépages, les vignobles, les années. Ce seuil de nuisibilité est par exemple de 30 glomérules pour 100 grappes en Bourgogne sur Pinot noir et de 200 glomérules en Languedoc sur Carignan (réaliser l'estimation en observant 5 grappes successives par cep sur 20 d'entre eux pris au hasard par parcelle). La lutte précoce avant l'apparition des glomérules est particulièrement intéressante dans 2 types de situations : pour les parcelles régulièrement touchées par les vers de la grappe et pour diminuer le potentiel de vers de la grappe en deuxième et troisième génération avec comme avantages : moins de dégâts de première génération, une efficacité souvent meilleure et un choix de spécialités plus vaste avec des produits moins toxiques pour la faune auxiliaire.
En deuxième et troisième génération, il est conseillé d'intervenir dès le début du vol avant les premières pontes (lutte préventive ovicide) ou dès les toutes premières éclosions (lutte larvicide), l'objectif étant d'éviter les morsures, la pénétration des chenilles dans les baies et l'installation du Botrytis. Dans le cas d'une lutte préventive ovicide, l'application est d'une efficacité maximale lorsqu'elle intervient avant que les papillons ne déposent leurs oeufs sur les baies. Cette stratégie évite ainsi l'apparition du stade larvaire, responsable des dégâts. Pour une lutte préventive larvicide, les chenilles pénétrant très rapidement dans les baies, le traitement doit être réalisé dès les toutes premières éclosions, les jeunes chenilles s'intoxiquant par contact et/ou par ingestion lors des morsures d'exploration.
Dans tous les cas le renouvellement du traitement est à envisager si la période de pontes ou d'éclosion est plus longue que la durée d'action du produit correspondant.
Cette période est en général de 15-20 jours pour la deuxième génération et de 3 à 4 semaines pour la troisième génération d'Eudémis.
Cicadelle verte
La lutte contre les cicadelles vertes dont les dégâts sont très variables y compris au sein d'une même exploitation nécessite un contrôle à la parcelle. En juin, on estime le seuil de nuisibilité à plus de 100 larves dénombrées pour 100 feuilles. A partir de mi-juillet où le risque est accru, une intervention peut être envisagée dès 50 larves pour 100 feuilles. La majorité des spécialités homologuées contre la cicadelle sont des pyréthrinoïdes ou des organophosphorés.
Cicadelle de la flavescence dorée
La lutte contre la cicadelle de la flavescence dorée pour être efficace doit être menée sur deux fronts :
élimination de la transmission du virus par le végétal avec la mise en oeuvre de mesures prophylactiques : utilisation de matériel végétal sain ou assaini (greffons, porte-greffes), destruction des sources potentielles d'infection (destruction des vignes abandonnées ou contaminées à plus de 30%, arrachage des ceps atteints, incinération du bois de taille de 2 ans et plus).
élimination de la transmission du virus par la cicadelle de la flavescence par une lutte préventive, collective et généralisée sur toute la zone concernée par la maladie.
La lutte chimique contre cette cicadelle commence première quinzaine de juin et s'étale sur une période de 45 à 50 jours. Cette lutte peut malheureusement aller à l'encontre des objectifs de la lutte raisonnée, la majorité des insecticides autorisés ayant un impact non négligeable sur les populations auxiliaires.
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Botrytis-tordeuses, le couple infernal ... Les tordeuses favorisent le botrytis. En effet les chenilles transportent les spores de botrytis à la surface de leur corps et dans leur tube digestif. Une étude de l'INRA de Bordeaux conduite en 1997 sur eudémis a mis en évidence la présence de botrytis sur 95% des chenilles de deuxième génération. Les chenilles ont en effet la capacité d'inoculer le botrytis directement à l'intérieur des baies, ce qui explique que les dégâts de tordeuses se botrytisent rapidement avant véraison. Une étude conduite par Remund et Sigfried entre 1980 et 1981 démontrait que la présence de chenilles augmente de 4 à 6 fois les dégâts de botrytis. Une protection anti-tordeuses efficace a d'ailleurs un effet bénéfique important sur le pourcentage de dégâts de botrytis à la récolte (hors protection fongicide anti-botrytis spécifique). Le botrytis favorise les tordeuses. Des études réalisées en laboratoires et en serres ont démontré que les chenilles jeunes, assez mobiles, s'installent à 80% sur des baies botrytisées. En fait le botrytis nourrit les tordeuses en augmentant leur vitalité (ITV, INRA Bordeaux, février 1995). Les chenilles alimentées de baies botrytisées ou de filaments de botrytis ont une mortalité inférieure à celles nourries de baies saines, elles peuvent donc entraîner plus de dégâts. Elles ont un cycle plus court que celles nourries de baies saines, elles se développent donc plus vite. Par ailleurs, elles donnent des chrysalides et ensuite des femelles plus lourdes (gain de poids de 50 à 60% par rapport à celles nourries de baies saines et viabilité des femelles de la génération suivante augmentée). |
Cochenilles
La lutte contre les cochenilles consiste à pratiquer soit des traitements d'hiver en mars avant tout départ de végétation (huiles jaunes, oléoparathions), soit des traitements d'été avec des spécialités homologuées pendant la migration des jeunes larves (essémages) en atteignant la surface inférieure des feuilles où elles vivent.
Pyrale
Contre la pyrale, la lutte repose sur la destruction des jeunes chenilles présentes sur la végétation au printemps. Les interventions sont à réaliser en cas de dépassement du seuil régional (exemple 3 chenilles par cep en Champagne). Le stade optimal d'intervention varie du nord au sud :
deux traitements séparés d'une quinzaine de jours sont souvent nécessaires pour les vignobles septentrionaux où il est conseillé de traiter quand une majorité de chenilles atteint 5-6 mm de long.
dans les vignobles méridionaux, il est conseillé de traiter dès que les premières chenilles de 3-4 mm de long sont visibles, un seul traitement au stade 4-5 feuilles peut suffire.
L'utilisation des RCI est de plus en plus recommandée pour lutter contre ce ravageur.
Metcalfa pruinosa
Concernant Metcalfa pruinosa, dans l'immédiat, aucun produit n'est actuellement homologué. Certains pyréthrinoïdes, organophosphorés ou carbamates utilisés pour lutter contre d'autres ravageurs des cultures présentent une efficacité intéressante sur les jeunes stades larvaires de la cicadelle. Une intervention positionnée sur le pic de présence des jeunes larves, donc bien avant l'émergence des adultes,
Ce seul traitement réalisé sur les stades les plus sensibles de l'insecte peut être suffisant pour contenir les populations.
A moyen terme, l'introduction dans les zones concernées d'un prédateur de Metcalfa est à l'étude et pourrait participer à la limitation des populations.
Acariens
La lutte contre les acariens prend en compte pour P.ulmi et E.carpini des seuils d'intervention (70% des feuilles occupées pour les traitements de printemps et 30% pour les interventions estivales). La lutte acaracide fait appel à une très large palette de spécialités qui doivent être positionnées correctement sur le feuillage. Pour ces ravageurs, la prise en compte de la faune auxiliaire est essentielle car elle permet de restaurer des populations de typhlodromes qui régulent directement les populations d'acariens.
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Effets non intentionnels des produits phytosanitaires Depuis plusieurs années, un groupe de travail composé de spécialistes de l'ITV, de l'Ensam de Montpellier, du CIVC et de la Protection des Végétaux, publie une note sur les effets non intentionnels des produits phytosanitaires sur trois groupes d'acariens prédateurs, Typhlodromus Pyri, Kampimodromus aberans et Phytoseius plumifer. Une centaine de produits (fongicides et insecticides) sont ainsi étudiés chaque année. Cette note publiée chaque année dans la revue Phytoma en mai est un outil précieux pour une lutte raisonnée même s'il ne faut pas oublier que l'efficacité des spécialités doit primer sur l'évolution des populations auxiliaires. |
Perspectives
ichel Blanc,
ITV Orange"Contre les vers de la grappe, intervenir dès la première génération dans les situations à haut risque"
"Après plusieurs années d'essais en petites et en grandes parcelles, nous avons pu constater que le traitement contre les tordeuses de la grappe dès la première génération à des stades larvaires précoces (L2-L3) donne d'excellents résultats avec des efficacités de l'ordre de 90% pour les neurotoxiques (organophosphorés, carbamates, pyréthrinoïdes) ainsi que pour les régulateurs de croissance. Par contre l'utilisation de Bt en première génération donne des résultats inférieurs de l'ordre de 70%. Frapper tôt dès la première génération, au stade H (grappes et boutons floraux séparés) avant même l'apparition des glomérules, permet de réduire fortement les populations d'Eudémis qui est alors très vulnérable. Cette période correspond en fait à la fin des éclosions des oeufs de la première génération et à la présence maximale de jeunes chenilles très sensibles aux insecticides et qui n'ont pas encore commencé à confectionner les glomérules. De plus, l'importance de la végétation est faible. Notre objectif est de revenir à des situations normales dans les vignobles du sud-est et d'éviter une intervention sur la 3ème génération. Le modèle Activ, développé conjointement par l'ACTA et l'UV nous donne avec précision le pourcentage de larves simulées dès que celles-ci apparaissent, ce qui nous permet de positionner avec exactitude le premier traitement. Cette technique nous permet aujourd'hui d'abaisser fortement les populations d'Eudemis dès la première génération avec une incidence d'autant plus forte que la surface traitée en G1 est plus grande, on limite en effet les recontaminations ultérieures. Elle est particulièrement intéressante pour les zones à haut risque. Bien évidemment, pour les zones où la densité de population des tordeuses est plus faible, un traitement en deuxième génération peut suffire. Autre bonne nouvelle, le principe d'une intervention précoce dès la première génération marche également pour Cochylis".
ierre Speich,
Protection des Végétaux, Avignon"EVA, pour mieux positionner les traitements"
"Le modèle EVA, Eudémis Vigne Avertissement, développé depuis 1992 par le Service de la Protection des Végétaux permet de positionner les traitements contre les tordeuses avec plus de précision. Il indique en effet les dynamiques d'éclosion et de ponte avec une à deux semaines d'avance, ce qui permet de positionner au mieux les produits en fonction de leur mode d'action (ovicide, larvicide). Ce modèle permet, par exemple, de positionner avec précision les traitements sur des larves jeunes. C'est un outil complémentaire au piégeage qui indique le début du vol, l'intensification du vol et la fin du vol. Ce modèle qualitatif, qui décrit l'évolution des lépidoptères depuis leur diapause, est validé à ce jour dans le sud-ouest et dans le sud-est , régions où l'on rencontre essentiellement Eudémis. Par contre, le modèle ne permet pas de réaliser des prévisions quantitatives. Ainsi, si on décompte une larve par grappe en deuxième génération, il n'est pas possible de prévoir quelle sera la pullulation en troisième génération. Eva peut être extrapolé sur Cochylis, en particulier en Provence Alpes Côte d'Azur, quand les dynamiques de vol sont similaires en deuxième génération. Des recherches sont en cours pour adapter le modèle à des régions comme la Champagne et la Bourgogne où l'on rencontre plus souvent Cochylis qu'Eudémis. Le modèle Activ, développé par l'ACTA et l'ITV répond à la même logique."
runo de la Rocque, Expert Vigne,
Protection des Végétaux"Lutte obligatoire contre la cicadelle de la flavescence dorée"
"La cicadelle de la flavescence dorée est présente dans la majorité des vignobles français sauf en Champagne, Alsace, Lorraine et dans les vignobles du nord des Pays de Loire. La maladie quant à elle s'extériorise dans le grand sud-ouest de la France, de la Méditerranée à la bordure océanique. Des foyers ont récemment été découverts dans le Gard ainsi que dans des vignes mères dans le Beaujolais. Dans les périmètres de lutte obligatoire, la parfaite maîtrise des populations de cicadelles ne peut être obtenu que si tous les viticulteurs réalisent les traitements. Il suffit d'une parcelle non traitée dans une commune pour que l'insecte se multiplie et propage la maladie. Le fait de ne pas réaliser un traitement peut mettre en péril la pérennité des vignes d'une exploitation (avec arrachage à la clef) mais également de celles qui ont été bien traitées autour. Le programme de traitement s'articule autour de 3 interventions, une première un mois après les éclosions, une deuxième en fin de rémanence du premier et un troisième traitement d'assurance, indispensable pour limiter les contaminations par les adultes provenant de parcelles voisines, à la fin du mois de juillet ou pendant le mois d'août. Un traitement d'hiver à base d'oléo-parathion peut être intéressant en particulier pour les vignes mères de greffons. La lutte chimique fait appel à des produits neurotoxiques efficaces par leur action de choc et leur persistance d'action qui malheureusement ne rentrent pas dans le cadre d'une lutte insecticide raisonnée. Pour endiguer la maladie, la prophylaxie reste essentielle avec notamment l'utilisation de matériel sain, l'arrachage des ceps malades ainsi que des ceps présents dans les parcelles abandonnées et l'incinération des bois de taille de deux ans et plus, pour éliminer les oeufs pondus durant l'été. Pour limiter l'extension de la maladie la fourniture de matériel sain apparaît indispensable, à cet égard, le traitement à l'eau chaude apparaît comme un traitement complémentaire indispensable pour limiter la propagation de la flavescence dorée."
hristelle Rinville,
CIVC (Comité Interprofessionnel du Vin de Champagne)"Régulateurs de croissance, en G1 et en G2 contre les tordeuses"
"Dans la lutte contre les tordeuses de la grappe, les régulateurs de croissance des insectes progressent régulièrement en Champagne aux côtés d'autres techniques de lutte insecticide raisonnée telle que la confusion sexuelle. L'utilisation des régulateurs est classiquement réservée à la lutte contre les tordeuses de deuxième génération avec des efficacités excellentes pour des matières actives comme le fenoxycarbe qui reste pour nous le produit le plus efficace sur Cochylis à ce jour. Nous étudierons avec intérêt l'arrivée d'une nouvelle spécialité associant cette dernière matière active et le lufenuron. Depuis près de 5 ans, nous avons également étudié l'efficacité des régulateurs sur les tordeuses de première génération sous l'angle curatif. Là encore, les régulateurs qui n'ont pas un effet ovicide strict donnent d'excellents résultats. Depuis 1999, nous préconisons donc l'utilisation de régulateurs de croissance dès la première génération dans le cadre d'une lutte insecticide raisonnée (traitement sur jeunes glomérules dans le cadre de parcelles ayant dépassé le seuil de 30 glomérules pour 100 ceps avec chenilles vivantes), ce qui signifie qu'en moyenne environ 10 à 12% des parcelles justifient une intervention.
Dans la lutte contre la pyrale de la vigne, l'utilisation de régulateurs de croissances tels que le lufenuron ou le tébufénozide donne également d'excellents résultats. Nous restons par ailleurs très attentifs à une utilisation accrue des régulateurs de croissance, et, afin d'éviter d'éventuels problèmes de résistance, nous recommandons aux viticulteurs d'alterner les 3 groupes de produits disponibles sur le marché qui, par chance, ont des sites d'action différents (mimétique de l'hormone de mue, mimétique de l'hormone juvénile, régulateur de la croissance de la cuticule)."
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