Perspectives

Vers de la grappe, Cicadelles, Botrytis, Cochenilles, Pyrale, Metcalfa pruinosa, Acariensichel Blanc,
ITV Orange

"Contre les vers de la grappe, intervenir dès la première génération dans les situations à haut risque"

"Après plusieurs années d'essais en petites et en grandes parcelles, nous avons pu constater que le traitement contre les tordeuses de la grappe dès la première génération à des stades larvaires précoces (L2-L3) donne d'excellents résultats avec des efficacités de l'ordre de 90% pour les neurotoxiques (organophosphorés, carbamates, pyréthrinoïdes) ainsi que pour les régulateurs de croissance. Par contre l'utilisation de Bt en première génération donne des résultats inférieurs de l'ordre de 70%. Frapper tôt dès la première génération, au stade H (grappes et boutons floraux séparés) avant même l'apparition des glomérules, permet de réduire fortement les populations d'Eudémis qui est alors très vulnérable. Cette période correspond en fait à la fin des éclosions des oeufs de la première génération et à la présence maximale de jeunes chenilles très sensibles aux insecticides et qui n'ont pas encore commencé à confectionner les glomérules. De plus, l'importance de la végétation est faible. Notre objectif est de revenir à des situations normales dans les vignobles du sud-est et d'éviter une intervention sur la 3ème génération. Le modèle Activ, développé conjointement par l'ACTA et l'UV nous donne avec précision le pourcentage de larves simulées dès que celles-ci apparaissent, ce qui nous permet de positionner avec exactitude le premier traitement. Cette technique nous permet aujourd'hui d'abaisser fortement les populations d'Eudemis dès la première génération avec une incidence d'autant plus forte que la surface traitée en G1 est plus grande, on limite en effet les recontaminations ultérieures. Elle est particulièrement intéressante pour les zones à haut risque. Bien évidemment, pour les zones où la densité de population des tordeuses est plus faible, un traitement en deuxième génération peut suffire. Autre bonne nouvelle, le principe d'une intervention précoce dès la première génération marche également pour Cochylis".

 

ierre Speich,
Protection des Végétaux, Avignon

"EVA, pour mieux positionner les traitements"

"Le modèle EVA, Eudémis Vigne Avertissement, développé depuis 1992 par le Service de la Protection des Végétaux permet de positionner les traitements contre les tordeuses avec plus de précision. Il indique en effet les dynamiques d'éclosion et de ponte avec une à deux semaines d'avance, ce qui permet de positionner au mieux les produits en fonction de leur mode d'action (ovicide, larvicide). Ce modèle permet, par exemple, de positionner avec précision les traitements sur des larves jeunes. C'est un outil complémentaire au piégeage qui indique le début du vol, l'intensification du vol et la fin du vol. Ce modèle qualitatif, qui décrit l'évolution des lépidoptères depuis leur diapause, est validé à ce jour dans le sud-ouest et dans le sud-est , régions où l'on rencontre essentiellement Eudémis. Par contre, le modèle ne permet pas de réaliser des prévisions quantitatives. Ainsi, si on décompte une larve par grappe en deuxième génération, il n'est pas possible de prévoir quelle sera la pullulation en troisième génération. Eva peut être extrapolé sur Cochylis, en particulier en Provence Alpes Côte d'Azur, quand les dynamiques de vol sont similaires en deuxième génération. Des recherches sont en cours pour adapter le modèle à des régions comme la Champagne et la Bourgogne où l'on rencontre plus souvent Cochylis qu'Eudémis. Le modèle Activ, développé par l'ACTA et l'ITV répond à la même logique."

 

 Lutte insecticide raisonnée de protection des vignobles pour le respect de l'environnement et de la faune auxiliaireruno de la Rocque, Expert Vigne,
Protection des Végétaux

"Lutte obligatoire contre la cicadelle de la flavescence dorée"

"La cicadelle de la flavescence dorée est présente dans la majorité des vignobles français sauf en Champagne, Alsace, Lorraine et dans les vignobles du nord des Pays de Loire. La maladie quant à elle s'extériorise dans le grand sud-ouest de la France, de la Méditerranée à la bordure océanique. Des foyers ont récemment été découverts dans le Gard ainsi que dans des vignes mères dans le Beaujolais. Dans les périmètres de lutte obligatoire, la parfaite maîtrise des populations de cicadelles ne peut être obtenu que si tous les viticulteurs réalisent les traitements. Il suffit d'une parcelle non traitée dans une commune pour que l'insecte se multiplie et propage la maladie. Le fait de ne pas réaliser un traitement peut mettre en péril la pérennité des vignes d'une exploitation (avec arrachage à la clef) mais également de celles qui ont été bien traitées autour. Le programme de traitement s'articule autour de 3 interventions, une première un mois après les éclosions, une deuxième en fin de rémanence du premier et un troisième traitement d'assurance, indispensable pour limiter les contaminations par les adultes provenant de parcelles voisines, à la fin du mois de juillet ou pendant le mois d'août. Un traitement d'hiver à base d'oléo-parathion peut être intéressant en particulier pour les vignes mères de greffons. La lutte chimique fait appel à des produits neurotoxiques efficaces par leur action de choc et leur persistance d'action qui malheureusement ne rentrent pas dans le cadre d'une lutte insecticide raisonnée. Pour endiguer la maladie, la prophylaxie reste essentielle avec notamment l'utilisation de matériel sain, l'arrachage des ceps malades ainsi que des ceps présents dans les parcelles abandonnées et l'incinération des bois de taille de deux ans et plus, pour éliminer les oeufs pondus durant l'été. Pour limiter l'extension de la maladie la fourniture de matériel sain apparaît indispensable, à cet égard, le traitement à l'eau chaude apparaît comme un traitement complémentaire indispensable pour limiter la propagation de la flavescence dorée."

 

hristelle Rinville,
CIVC (Comité Interprofessionnel du Vin de Champagne)

"Régulateurs de croissance, en G1 et en G2 contre les tordeuses"

"Dans la lutte contre les tordeuses de la grappe, les régulateurs de croissance des insectes progressent régulièrement en Champagne aux côtés d'autres techniques de lutte insecticide raisonnée telle que la confusion sexuelle. L'utilisation des régulateurs est classiquement réservée à la lutte contre les tordeuses de deuxième génération avec des efficacités excellentes pour des matières actives comme le fenoxycarbe qui reste pour nous le produit le plus efficace sur Cochylis à ce jour. Nous étudierons avec intérêt l'arrivée d'une nouvelle spécialité associant cette dernière matière active et le lufenuron. Depuis près de 5 ans, nous avons également étudié l'efficacité des régulateurs sur les tordeuses de première génération sous l'angle curatif. Là encore, les régulateurs qui n'ont pas un effet ovicide strict donnent d'excellents résultats. Depuis 1999, nous préconisons donc l'utilisation de régulateurs de croissance dès la première génération dans le cadre d'une lutte insecticide raisonnée (traitement sur jeunes glomérules dans le cadre de parcelles ayant dépassé le seuil de 30 glomérules pour 100 ceps avec chenilles vivantes), ce qui signifie qu'en moyenne environ 10 à 12% des parcelles justifient une intervention.
Dans la lutte contre la pyrale de la vigne, l'utilisation de régulateurs de croissances tels que le lufenuron ou le tébufénozide donne également d'excellents résultats. Nous restons par ailleurs très attentifs à une utilisation accrue des régulateurs de croissance, et, afin d'éviter d'éventuels problèmes de résistance, nous recommandons aux viticulteurs d'alterner les 3 groupes de produits disponibles sur le marché qui, par chance, ont des sites d'action différents (mimétique de l'hormone de mue, mimétique de l'hormone juvénile, régulateur de la croissance de la cuticule)."

 

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