Stratégie de lutte
Une lutte raisonnée
La lutte insecticide est de plus en plus raisonnée. Dans la mesure du possible, les viticulteurs font appel à des produits de plus en plus respectueux de l'homme, de l'environnement, et tout particulièrement de la faune auxiliaire, ce qui permet par ailleurs de limiter le développement des acariens avec le maintien d'une population de typhlodromes suffisante.
Vers de la grappe
En première génération pour les vers de la grappe, les interventions ont pour but de limiter les populations larvaires. Deux types de traitements peuvent être préconisés, un traitement préventif sur les jeunes larves avant la formation des glomérules ou un traitement curatif après dénombrement du nombre de glomérules. Dans ce cas, l'objectif est d'éviter que les dégâts sur les boutons floraux (formation des glomérules) soient plus élevés que la capacité de compensation de la grappe, variable selon les cépages, les vignobles, les années. Ce seuil de nuisibilité est par exemple de 30 glomérules pour 100 grappes en Bourgogne sur Pinot noir et de 200 glomérules en Languedoc sur Carignan (réaliser l'estimation en observant 5 grappes successives par cep sur 20 d'entre eux pris au hasard par parcelle). La lutte précoce avant l'apparition des glomérules est particulièrement intéressante dans 2 types de situations : pour les parcelles régulièrement touchées par les vers de la grappe et pour diminuer le potentiel de vers de la grappe en deuxième et troisième génération avec comme avantages : moins de dégâts de première génération, une efficacité souvent meilleure et un choix de spécialités plus vaste avec des produits moins toxiques pour la faune auxiliaire.
En deuxième et troisième génération, il est conseillé d'intervenir dès le début du vol avant les premières pontes (lutte préventive ovicide) ou dès les toutes premières éclosions (lutte larvicide), l'objectif étant d'éviter les morsures, la pénétration des chenilles dans les baies et l'installation du Botrytis. Dans le cas d'une lutte préventive ovicide, l'application est d'une efficacité maximale lorsqu'elle intervient avant que les papillons ne déposent leurs oeufs sur les baies. Cette stratégie évite ainsi l'apparition du stade larvaire, responsable des dégâts. Pour une lutte préventive larvicide, les chenilles pénétrant très rapidement dans les baies, le traitement doit être réalisé dès les toutes premières éclosions, les jeunes chenilles s'intoxiquant par contact et/ou par ingestion lors des morsures d'exploration.
Dans tous les cas le renouvellement du traitement est à envisager si la période de pontes ou d'éclosion est plus longue que la durée d'action du produit correspondant.
Cette période est en général de 15-20 jours pour la deuxième génération et de 3 à 4 semaines pour la troisième génération d'Eudémis.
Cicadelle verte
La lutte contre les cicadelles vertes dont les dégâts sont très variables y compris au sein d'une même exploitation nécessite un contrôle à la parcelle. En juin, on estime le seuil de nuisibilité à plus de 100 larves dénombrées pour 100 feuilles. A partir de mi-juillet où le risque est accru, une intervention peut être envisagée dès 50 larves pour 100 feuilles. La majorité des spécialités homologuées contre la cicadelle sont des pyréthrinoïdes ou des organophosphorés.
Cicadelle de la flavescence dorée
La lutte contre la cicadelle de la flavescence dorée pour être efficace doit être menée sur deux fronts :
élimination de la transmission du virus par le végétal avec la mise en oeuvre de mesures prophylactiques : utilisation de matériel végétal sain ou assaini (greffons, porte-greffes), destruction des sources potentielles d'infection (destruction des vignes abandonnées ou contaminées à plus de 30%, arrachage des ceps atteints, incinération du bois de taille de 2 ans et plus).
élimination de la transmission du virus par la cicadelle de la flavescence par une lutte préventive, collective et généralisée sur toute la zone concernée par la maladie.
La lutte chimique contre cette cicadelle commence première quinzaine de juin et s'étale sur une période de 45 à 50 jours. Cette lutte peut malheureusement aller à l'encontre des objectifs de la lutte raisonnée, la majorité des insecticides autorisés ayant un impact non négligeable sur les populations auxiliaires.
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Botrytis-tordeuses, le couple infernal ... Les tordeuses favorisent le botrytis. En effet les chenilles transportent les spores de botrytis à la surface de leur corps et dans leur tube digestif. Une étude de l'INRA de Bordeaux conduite en 1997 sur eudémis a mis en évidence la présence de botrytis sur 95% des chenilles de deuxième génération. Les chenilles ont en effet la capacité d'inoculer le botrytis directement à l'intérieur des baies, ce qui explique que les dégâts de tordeuses se botrytisent rapidement avant véraison. Une étude conduite par Remund et Sigfried entre 1980 et 1981 démontrait que la présence de chenilles augmente de 4 à 6 fois les dégâts de botrytis. Une protection anti-tordeuses efficace a d'ailleurs un effet bénéfique important sur le pourcentage de dégâts de botrytis à la récolte (hors protection fongicide anti-botrytis spécifique). Le botrytis favorise les tordeuses. Des études réalisées en laboratoires et en serres ont démontré que les chenilles jeunes, assez mobiles, s'installent à 80% sur des baies botrytisées. En fait le botrytis nourrit les tordeuses en augmentant leur vitalité (ITV, INRA Bordeaux, février 1995). Les chenilles alimentées de baies botrytisées ou de filaments de botrytis ont une mortalité inférieure à celles nourries de baies saines, elles peuvent donc entraîner plus de dégâts. Elles ont un cycle plus court que celles nourries de baies saines, elles se développent donc plus vite. Par ailleurs, elles donnent des chrysalides et ensuite des femelles plus lourdes (gain de poids de 50 à 60% par rapport à celles nourries de baies saines et viabilité des femelles de la génération suivante augmentée). |
Cochenilles
La lutte contre les cochenilles consiste à pratiquer soit des traitements d'hiver en mars avant tout départ de végétation (huiles jaunes, oléoparathions), soit des traitements d'été avec des spécialités homologuées pendant la migration des jeunes larves (essémages) en atteignant la surface inférieure des feuilles où elles vivent.
Pyrale
Contre la pyrale, la lutte repose sur la destruction des jeunes chenilles présentes sur la végétation au printemps. Les interventions sont à réaliser en cas de dépassement du seuil régional (exemple 3 chenilles par cep en Champagne). Le stade optimal d'intervention varie du nord au sud :
deux traitements séparés d'une quinzaine de jours sont souvent nécessaires pour les vignobles septentrionaux où il est conseillé de traiter quand une majorité de chenilles atteint 5-6 mm de long.
dans les vignobles méridionaux, il est conseillé de traiter dès que les premières chenilles de 3-4 mm de long sont visibles, un seul traitement au stade 4-5 feuilles peut suffire.
L'utilisation des RCI est de plus en plus recommandée pour lutter contre ce ravageur.
Metcalfa pruinosa
Concernant Metcalfa pruinosa, dans l'immédiat, aucun produit n'est actuellement homologué. Certains pyréthrinoïdes, organophosphorés ou carbamates utilisés pour lutter contre d'autres ravageurs des cultures présentent une efficacité intéressante sur les jeunes stades larvaires de la cicadelle. Une intervention positionnée sur le pic de présence des jeunes larves, donc bien avant l'émergence des adultes,
Ce seul traitement réalisé sur les stades les plus sensibles de l'insecte peut être suffisant pour contenir les populations.
A moyen terme, l'introduction dans les zones concernées d'un prédateur de Metcalfa est à l'étude et pourrait participer à la limitation des populations.
Acariens
La lutte contre les acariens prend en compte pour P.ulmi et E.carpini des seuils d'intervention (70% des feuilles occupées pour les traitements de printemps et 30% pour les interventions estivales). La lutte acaracide fait appel à une très large palette de spécialités qui doivent être positionnées correctement sur le feuillage. Pour ces ravageurs, la prise en compte de la faune auxiliaire est essentielle car elle permet de restaurer des populations de typhlodromes qui régulent directement les populations d'acariens.
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Effets non intentionnels des produits phytosanitaires Depuis plusieurs années, un groupe de travail composé de spécialistes de l'ITV, de l'Ensam de Montpellier, du CIVC et de la Protection des Végétaux, publie une note sur les effets non intentionnels des produits phytosanitaires sur trois groupes d'acariens prédateurs, Typhlodromus Pyri, Kampimodromus aberans et Phytoseius plumifer. Une centaine de produits (fongicides et insecticides) sont ainsi étudiés chaque année. Cette note publiée chaque année dans la revue Phytoma en mai est un outil précieux pour une lutte raisonnée même s'il ne faut pas oublier que l'efficacité des spécialités doit primer sur l'évolution des populations auxiliaires. |
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