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Spécialiste
de l'agrofourniture viticole, la société Magne SA dans l'Hérault
propose gratuitement des epandeurs portés et traînés pour
appliquer les engrais organiques.
Créée en 1956, la société Magne SA, située
à Florensac (Hérault) est devenue en moins d'un demi-siècle
un acteur majeur de l'agrofourniture dans le Languedoc-Roussillon. Avec une centaine
d'employés, l'entreprise, aujourd'hui dirigée par Jean-Claude Magne,
est en effet présente dans trois départements : l'Hérault,
l'Aude et les Pyrénées-Orientales. Son chiffre d'aifaires de 31
millions d'euros se répartit entre trois secteurs d'activité: Pagrofourniture,
notamment à travers 21 points de vente répartis sur les trois départements,
la collecte des céréales (trois points de collecte) et les magasins
de jardin sous l'enseigne Point Vert (cinq points de vente pour les pépiniéristes
et le grand public). Aussi, peut-on ajouter une quatrième activité
significative, la vente et livraison de fioul. Sur le terrain, pas moins de 21
technico-commerciaux, l'un spécialisé en céréaliculture,
un second en espaces verts et les autres en viticulture, sillonnent le territoire.
Au sein de l'activité agrofourniture, la fertilisation occupe une place
importante, avec une orientation claire vers la viticulture durable, promouvant
la fertilisation organique. "Les sols méditerranéens sont
des sols qui se brûlent vite, du fait du lessivage important occasionné
par les orages, notamment en automne, explique Jean-Michel Morin, le directeur
commercial de Magne SA. Ils sont souvent marqués par une faible capacité
cationique d'échange (CEC), ainsi que par un mauvais fonctionnement de
la vie microbienne, souvent difficile à réactiver." Pour réactiver
cette flore microbienne, il faut apporter une fertilisation sous forme organique.
Aussi, une bonne fertilisation commence par une bonne analyse de sol. "La
fertilisation doit être raisonnée aux besoins du sol", précise
Jean-Michel Morin. Depuis une dizaine d'années que Magne SA effectue des
analyses, plus de 7 000 prélèvements de sol ont été
effectués. " Ils doivent être réalisés par
le viticulteur qui connaît le mieux la variabilité de ses parcelles
et les zones les plus représentatives." Les prélèvements
sont envoyés au Laboratoire centre Atlantique (LCA), où sont mesurés
la granulométrie, le taux de matières organiques, le taux de calcium
actif, l'indice de pouvoir chlorosant, la CEC, la teneur en azote, phosphore,
potassium, magnésie ou encore d'autres tests spécifiques. L'interprétation
des résultats est ensuite réalisée par le laboratoire ou
par la société Magne suivant le choix du client. Un plan de fertilisation
et ensuite construit à partir des interprétations. Il s'étale
généralement sur cinq à six ans. "La première
année, nous commençons par un amendement de fond massif, avec un
produit qui s'appelle Angisol. C'est en fait un compost qui se compose de fumier
de mouton, de tourteau à base de marc de raisin et de végétaux
ligt broyés. Le compostage est réalisé localement à
Montagnac, près de Béziers (Hérault), pendant quatre à
six mois par la société Angibaud." Mais fait de sa nature difficilement
dégradable, elle necessite des éléments plus solubles tels
que k mier et le tourteau pour démarrer les réactions biologiques.
Ce compost est amené à des iindices d'épandages variant de
5 à 20 t/ha selon le taux de matière organique initial. C'est une
entreprise l de travaux agricoles qui effectue l'épandage à l'aide
d'un épandeur grande capacité monté un porteur de type machine
à vendanger. | Libérer
progressivement les substances nutritives Les années qui suivent,
la fertilisation se limite à des apports annuels en début de végétation.
C'est du guano de poisson sous forme pulvérulente qui est apporté
à des quantités variant de 60 à 1200 kg/ha. "La minéralisation
du guano s'effectue en quatre mois, libérant progressivement substances
nutritives, notamment l'azote qui sous forme minérale, est vite lessivé."
Pour l'épandage, la société Magne prête gratutuitement
des epandeurs à engrais à leurs clients. C'est un service bien organisé:
nous disposons de 22 appareils traînés, de marque Verdoirepour la
plupart, et une quinzaine d'appareils portés (Sulky), répartis géographiquement
sur le territoire d'action. Un salarié, Patrice Bouvier, est employé
à plein temps pour assurer toute la logistique concernant la flotte de
matériel." Pour chaque matériel, il gère l'organisation,
à savoir, le planning en fonction des commandes et des livraisons, la livraison
des appareils à l'aide du véhicule 4x4 tractant une remorque porte-engin,
et le réglage du dosage des appareils. Il faut qu'il y ait un minimum de
temps mort, parfois au détriment de l'entretien. "C'est le technicien
qui assure l'entretien, lorsqu 'il dispose d'assez de temps. Les épandeurs
Verdoire sont solides : cela n 'empêche pas l'usure du matériel.
Chaque année, les frais de réparation et d'entretien sont très
importants. De plus, certains viticulteurs sont peu scrupuleux et peu soigneux
du matériel, quand ça n 'est pas le leur. L'idéal serait
que les viticulteurs lavent et graissent l'appareil après chaque utilisation,
ce qu 'il faut arriver à mettre progressivement en place."
Prêter
des épandeurs pour développer la fertilisation organique Néanmoins,
cette prestation a été bénéfique pour la société.
"C'est le fait de proposer gratuitement des épandeurs d'engrais pour
l'application qui a fait se développer la fertilisation organique dans
le secteur, commente Jean-Michel Morin, et qui par conséquent a participé
au développement de l'entreprise." Par ailleurs, selon les objectifs
qualitatifs et quantitatifs du viticulteur, de l'azote sous forme minérale
peut être apporté en complément en début d'été.
Les analyses pétiolaires réalisées vers la mi-juillet permettent
de prévenir une éventuelle carence azotée. "Nous avons
des fertilisants foliaires à base d'algues concentrées, explique
Jean-Michel Morin. C'est un marché en développement car ils retardent
le stress estival. Les fertilisants foliaires azotés préviennent
également les manques d'azote des baies qui peuvent bloquer la fermentation
des moûts." Des compléments en oligo-éléments
peuvent être ajoutés aux fertilisants, tels que le bore, notamment
sur des cépages sensibles à la coulure comme le grenache; le magnésium,
le manganèse, ou encore le fer, contre les chloroses ferriques. "Nous
proposons du fer chélaté sous forme EDDHA : c 'est du haut de gamme,
mais le résultat est spectaculaire. Implanté en solution en sous-solage,
il est efficace toute l'année." L'efficacité de la fertilisation
organique ne se voit pas forcément directement : "On voit tout
de même la végétation rester verte plus longtemps, ainsi qu
'un meilleur aoûtement. Mais c 'est surtout sur plusieurs années
et sur des grandes surfaces que l'on voit l'effet", confie Jean-Michel
Morin. Une efficacité qui demande un bon suivi. "Tous les cinq
ans, il faut refaire des analyses de sol et épandre une fumure ligneuse
d'entretien à des doses de l'ordre de 5 t/ha, poursuit le distributeur.
Si on laisse décliner le sous-sol,
c 'est autant de temps qu 'il faut pour le remettre à niveau."
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Plus
de 20 appareils traînés de ce type sont prêtés aux viticulteurs
pour effectuer leurs épandages de guano. 
Patrice
Bouvier (à gauche), technicien délégué aux épandeurs,
et Jean-Michel Morin, directeur commercial de Magne SA. Chaque appareil
est déplacé
de client à client à l'aide de la remorque traînée
derrière un véhicule 4x4 |